Luis Pasteur : Biologiste français (1822 - 1895)


"Pasteur a obéi toute sa vie à l’idéal
le plus pur, à un idéal supérieur de science. L’avenir le rangera dans la radieuse
lignée des apôtres du bien et de la vérité." C’est avec ces mots que Poincaré
accompagne la dépouille mortelle de Louis Pasteur, en ce 5 octobre 1895. La France
pleure alors un de ses plus grands scientifiques.



Né le 27 décembre 1822, Louis Pasteur
fréquente l’école puis le collège d’Arbois. Elève doué, il s’installe en octobre
1838 dans une pension du Quartier Latin qui prépare à l’entrée à l’Ecole Normale.
Mais le jeune homme supporte difficilement cette nouvelle vie et rentre à Arbois
pour y finir sa rhétorique et poursuivre ses études au collège royal de Besançon.
Il est bachelier ès lettres en 1840 puis passe l’option qui lui permet d’obtenir
le baccalauréat ès mathématiques deux ans plus tard. Conforté par ses réussites
scolaires, Pasteur s’installe de nouveau à Paris et est reçu quatrième au concours
de l’Ecole Normale Supérieure en 1843. Il passe alors ses dimanche après-midi
avec le préparateur du célèbre chimiste Jean-Baptiste Dumas. Il y acquiert de
nombreuses connaissances tant en chimie qu’en physique et en cristallographie.
Il soutiendra d’ailleurs deux thèses en 1847, l’une en chimie et l’autre en physique.
Ses recherches se portent alors sur la polarisation de la lumière par les cristaux.
Il découvre que certains cristaux de structures identiques ne dévient pas la lumière
de la même façon. Certains la dévient vers la droite, d’autres vers la gauche.
Pasteur vient de mettre en évidence l’isomérie.



Après avoir enseigné à Dijon puis à Strasbourg,
Pasteur est nommé professeur et doyen de la nouvelle faculté des sciences de Lille.
Il y établit de nombreuses relations avec l’industrie et fait une découverte capitale
: les levures sont des êtres vivants à part entière responsables de la fermentation
et non des sous-produits de celle-ci, comme de nombreux chimistes le croient.
En octobre 1857, Pasteur devient administrateur de l’Ecole Normale Supérieure
et directeur des études scientifiques. Il demande alors la mise à sa disposition
d’une partie du grenier de l’école afin d’y installer son propre laboratoire et
de pouvoir multiplier les conditions d’expériences. Il y poursuit ses études sur
la fermentation pendant trois ans et écrit un opuscule sur les causes de la fermentation
butyrique. Mais depuis 1858, Pasteur est en bute aux partisans de la génération
spontanée et plus particulièrement à Félix Archimède Pouchet. Ce naturaliste rouennais
communique une note à l’Académie des Sciences en décembre 1858 sur des proto-organismes
nés spontanément dans l’air. Pasteur lui réplique aussitôt qu’il a tort. Pendant
six ans les expériences dans les caves, sur les sommets des montagnes et les glaciers,
les conférences et les articles se succèdent. Chaque partie refuse d’admettre
les arguments de l’autre. Mais le 7 avril 1864, Pasteur donne une conférence à
la Sorbonne. Ses expériences conquièrent le public, la commission d’experts et
les médias. Pouchet est vaincu et avec lui la thèse de la génération spontanée.




Pourtant, si Pasteur remporte de franc succès sur le terrain scientifique, il
n’en va pas de même dans ses fonctions à l’Ecole Normale. Taxé d’autoritarisme,
il se heurte à de nombreuses contestations et son poste est finalement supprimé.
Il peut alors s’investir entièrement dans ses recherches. A partir de juin 1865,
Pasteur passe quatre ans à Alès pour y étudier la maladie qui décime les élevages
de vers à soie. Ses observations lui permettront d’identifier les papillons malades
et ainsi de détruire leurs œufs avant que tout l’élevage ne soit infesté.



Après l’abdication de Napoléon III et
la guerre contre la Prusse, Pasteur, fervent napoléonien, ne reprend que lentement
ses recherches. Il entame une série d’études sur la bière et ses problèmes de
fermentation.En 1875, après cinq ans d’expériences, il publie les Etudes sur la
bière et les conseils aux brasseurs. L’année suivante, Pasteur est candidat aux
élections sénatoriales. Mais son programme, basé sur la défense de l’enseignement
supérieur et de la recherche, ne satisfait pas les électeurs et il est battu.
Ce revers n’entame pourtant pas son enthousiasme et les deux années suivantes
se révèlent fastes. En Angleterre, un médecin voit apparaître des micro-organismes
dans un flacon d’urine bouillie et protégée de l’atmosphère. Ces problèmes de
contamination seront rapidement réglés par l’équipe de Pasteur qui met au point
le filtre Chamberland (un filtre en porcelaine qui retient les germes de l’eau),
l’autoclave et le flambage des vases. En Allemagne, Robert Koch prouve par ses
expériences qu’un type donné de microbe provoque un certain type de maladie. La
découverte du staphylocoque par Pasteur suivra. Pendant six ans, le Français et
l’Allemand étudient les maladies et leurs microbes. Les techniques permettant
la culture pure des micro-organismes se perfectionnent. Koch développe la culture
sur des milieux artificiels, technique dont la maîtrise échappe encore à Pasteur.
Ce dernier s’intéresse donc plus aux maladies qu’il peut cultiver sur des organes
: charbon des moutons, choléra des poules, rage des chiens. En été 1879, Pasteur
et ses collaborateurs, Roux et Duclaux, découvrent que les cultures vieillies
du microbe du choléra injectées aux poules ne déclenchent pas la maladie. De plus,
elles résistent à de nouvelles infections. Par ailleurs, Chamberland et Roux testent
les effets de la chaleur sur la virulence des microbes du charbon et la durée
de cet effet. Leurs résultats sont particulièrement probants et une démonstration
est organisée. Le 5 mai 1881, un troupeau de moutons est vacciné. Le 2 juin, les
résultats sont là : un véritable succès.



Pasteur a débuté ses recherches sur la
rage en 1880, à la mort d’un enfant à l’hôpital Sainte-Eugénie. Mais alors que
l’étude de la virulence de la maladie avance, l’agent pathogène lui échappe encore.
Il semble pourtant que la moelle infectée et desséchée protège de la maladie.
Le 6 juin 1885, Pasteur reçoit la visite de Marie-Angélique Meister dont le fils
Joseph a été mordu par un chien soupçonné de porter la rage. Il commence les injections
et trois mois plus tard, l’enfant sauvé, Pasteur présente ses travaux à l’Académie
des Sciences qui lui offre un accueil enthousiaste. Le 1er mars 1886, sur 350
personnes vaccinées, une seule est décédée. L’Académie propose alors de créer
un établissement destiné à traiter la rage après morsure. L’Institut Pasteur naît
en 1888. Outil de recherche, de formation et de soins, l’établissement s’exporte
rapidement en Australie et au Viêt-nam.



Pasteur restera à la tête de l’Institut jusqu’à sa mort, le 28
septembre 1895. Portrait de Pasteur : remerciements à The
Blocker History of Medecine Collections
, The University of Texas Medical Branch,
Galveston, Texas, USA.



Source: http://www.infoscience.fr



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